dimanche 20 juin 2010

Un roman... et des clichés

À force de clamer ici et là sur le net que j'écris un livre et surtout grâce à Nolween et aux autres membres du feu(snif) forum des auteurs indépendants ; j'ai constitué un petit réseau d'amis écrivains. Cliquant ici et là sur les liens laissés à la disposition des autres internautes par les autres amis écrivains de mes amis écrivains ; je tombe sur un article fort intéressant listant les 10 clichés à éviter dans la littérature. Si vous souhaiter le lire en entier, cliquez ici , en ce qui me concerne, je me suis amusée à décortiquer mon roman (je parle là des 4 ou 5 tomes) et... je dois me rendre à l'évidence, oui mon roman est criblé de clichés.
Analyse.



1. Le soleil qui filtre dans les lames du store

Lu et relu en effet et pourtant jamais écrit en ce qui me concerne. Pourquoi ? Probablement parce que je ne l'ai jamais vécu ! Du plus loin que je me rappelle j'ai presque toujours dormis dans des chambres orientées au Nord ou au Sud, alors « le soleil du matin » à moins de se lever à midi, tu repasseras !

Non, mes personnages à moi se réveillent plutôt (souvent ! ) après des cauchemars « tellement réels ». Mais je ne suis pas certaine que ça fasse moins cliché ceci-dit...


2. La scène de sexe amoureux

Difficile d’y échapper en effet ! Et ho combien difficile à écrire ! Mes personnages ne sont pas des puceaux sauf une au début, mais ça va, elle va découvrir le sexe : vous serez aux premières loges. Et c'est bien là que ça coince !!! J'ai même pensé à une musique d'ambiance (C'est Nothing Else Matter de Mettalica) aux chandelles (franchement, à croire qu'on rêve toutes d'une première fois à la lueur de la bougie : mais le fait-on en réalité ? ) Mais vraiment, je reconnais que ce n'est pas évident de captiver le lecteur sur un acte que l'ont idéalise tous mais qui, une fois expérimenté, reste, soyons francs, assez banal !

Alors j'ai tenté une pauvre vanne sur le choix du parfum du préservatif, j'ai donné à mon étalon assez de sensibilité pour ne pas brusquer l'oie blanche ; mais bon, ça reste une de mes scènes les plus dures à écrire, je l'admet. Et je précise que cette scène de dépucelage n'a absolument rien à voir avec ma première fois à moi. Être écrivain c'est accepter de se mettre à nu pour ses lecteurs, mais tout de même, faut pas abuser...

Plus tard, la jeune pucelle devenue femme mariée commettra le péché ultime avec ni plus ni moins que le cousin-meilleur-ami-presque-frère de son mari. Amant d'une nuit qui la « pénètre d'un coup » et non pas longuement comme suggéré dans l'article cité en source... Hé oui, chez moi mes personnages peuvent être aussi sensibles au début de l'histoire que brutaux vers le milieu. Et encore, je n'ai pas écris les chapitres où la jeune pucelle, devenue femme, puis maman, puis divorcée ; s'enverra purement et simplement en l'air avec un collègue de travail, plusieurs fois même. Et croyez moi elle aimera ça !

3. Le repas au restaurant

Évidement, mes personnages vont au restaurant, mais c'est vrai que j'évite de m'y attarder car effectivement, quoi de plus rasoir ! Même dans les séries américaines, on a jamais réussis à construire tout un épisode sur une soirée au restaurant : en littérature, c'est pareil ! Avec une exception, je tiens à le signaler. Bien-sûr, exerçant moi-même la profession ingrate d'hôtelière-restauratrice, de quoi d'autre pouvais-je parler dans mon roman pour rester un minimum crédible ?

Alors oui, la demoiselle deviendra restauratrice, pas dans les mêmes circonstances que moi, je tiens à le préciser là encore. Mais cette scène révélatrice au restaurant me semble bien trop indispensable dans l'histoire pour que j'y touche, si cliché puisse-t-elle être...

4. Le secret de famille ou le traumatisme d’enfance

Le secret de famille, il viendra plus tard, bien plus tard et atteindra en réalité les enfants de mon personnage féminin principal. Oui, mère indigne, elle va leur mentir ! Un mensonge et un secret que les lecteurs connaîtront puisqu'ils suivent les aventures de cette femme depuis son adolescence. J'aime à croire que c'est presque original, un secret déjà dévoilé avant même que l'enfant devenu adolescent n'en subisse les dommages. Mais il n'y a peut-être que moi qui y crois...


5. L’homme sans cœur ou l’hypersalaud

Qu'on se le dise, le « Dom Juan, le Hugh Grant de Bridget Jones est périmé ». Ça tombe bien, je n'en ai pas sous la main. Si, peut-être un personnage qui apparaît à peine au départ, juste le temps de faire comprendre à la jeune pucelle qu'elle doit admettre que le monde ne tourne pas autour d'elle et qu'il faut regarder au-delà des apparences. Personnage qui disparaîtra assez vite mais que je ne peux pas me résoudre à gommer pour de bon. D'abord parce que dans la version papier (celle que j'ai écris de 16 à 22 ans, vous vous souvenez ? ) il est beaucoup, beaucoup plus important et que même si cette histoire là, je n'ai pas réussi à la mener jusqu'au bout, je trouvais qu'elle avait tout de même un certain potentiel ! La deuxième raison, c'est que, aussi vilain fut-il au tome 1, aussi vulnérable je le souhaiterais dans le dernier tome ou l'avant dernier... si il ré-apparait. Ça ce serait juste aussi l'occasion pure et dure de me venger de tout les types qui m'ont tellement fait souffrir (oui, je fais dans le mélo et alors ? C'est mon blog je fais ce que je veux ^^ !!) quand j'étais plus jeune...

Il y en aura un autre aussi, plus tard, plutôt du genre David Seidel (vous connaissez pas ? Hé bien regardez la télé !) Mais là aussi, même si le genre est périmé, il est bien trop important pour que je me passe de lui ; mais peut-être devrais-je réfléchir à ce « qu'elle » ne le « sauve » pas trop. Ou pas.

6. La forêt naturelle

Hé bien là, je suis bien dans la mouise ! Elle habite en lisière de forêt, Elle Les rencontre encore dans la forêt. Sans compter la rivière. Puis l'hôtel perdu dans la montagne un peu plus tard. Oui, là, mon roman s'enfonce dans un cliché ! Et puis zut quoi ?!? J'ai vécu mon enfance et mon adolescence à la campagne, entre forêt et rivière précisément. Je vis mon adulescence (on dit comment ? Mon âge adulte ? Ma jeunesse adulte ? Mes belles années ? ) dans la montagne. Zut de zut : de quoi puis-je parler d'autre que de nature ? Je me définirais même comme une sorte de créature féérique qui vit dans les bois, je raconte à mon fils que je suis née de l'Immaculée Conception entre une feuille d'arbre et de l'eau de source (rassurez vous : à 7 ans il n'en croit pas un mot) je me retrouve dans la virginale apparition de la pub Lolita de Lempicka (mon parfum fétiche soi-dit en passant) Alors mince : en quoi la ville serait-elle moins clichée ou plus sexy que la nature ? Pas d'accord !

7. Les regards qui tuent

Ben oui, évidement, à quoi bon raconter une rencontre entre deux êtres si il n'y a pas un échange de regards ? Franchement ? C'est vrai que c'est cliché, mais là j'ai un peu de mal à croire qu'on puisse le raconter différemment. Ma rencontre entre mes deux amoureux, c'est la voix de l'homme (qui chante près d'un lac, oui oui, la forêt, la nature, très cliché en effet !!!) qui la séduit en premier, ça va ? C'est plus acceptable comme ça ? Je sais pas mais un roman, à plus forte raison qui se prétend roman d'amour, a-t-il le moindre crédit avec une scène de rencontre des plus banales comme dans la vraie vie. Je n'y crois pas. Et d'ailleurs même dans la vraie vie, qu'on ne me dise pas que les gens sont incapables de ressentir ces sensations merveilleuses et enivrantes ??? Et sinon... ben j'ai envie de dire... que je vous plains. Voilà.

8. Le parfum qui embaume

« Un héros qui ne sentirait pas s’en sortirait bien mieux ». Voici une phrase à méditer. Certes, je n'ai pas pensé à m'encombrer d'une longue description sur la saveur fruitée et boisée du parfum de la jeune femme qui évoque cette féérique apparition d'une sylphide blonde et ondulante près d'une source pure à la télévision. C'eût été pourtant un magnifique hommage à mon parfum favori en forme de pomme violette. Enfin, quoi que en fait non, c'eût pas été visiblement...

9. Les black-outs, fugues décennales et autres descentes aux enfers

Haha, comme c'est vrai :-D ! Mais là encore, une histoire a-t-elle le plus petit intérêt si on ne met pas ses personnages en danger ? L'amnésie de mon personnage a toute son importance dans le sens où déjà on ne sait pas si elle arrive par la force des choses ou par la perversion de l'au-delà (…moi et mes métaphores à deux balles...) Par ailleurs, elle révèlera le côté le plus sombre de mon personnage tout rose et tout gentil dans le tome 1 qui ne sera plus aussi gentil que ça plus tard. Je peux tout au plus réfléchir à une alternative différente, mais alors mon roman risque de s'arrêter au tome 3. Et puis, franchement, ce n'est pas ce que je voulais au départ... Ce roman, ce serait plutôt une longue histoire pour fidéliser quelques 100 ou moins lecteurs/amis/famille qu'un gros pavé trop génial pour mettre à mes pieds 1 000 inconnus !!!

10. Dire non au cliché/liste non exhaustive d'autres erreurs à éviter :

Les nuits sans fin (celles qui comptent 15 heures au moins),

Il n'y en a pas, peut-être une journée sans fin, mais seulement une alors ;-)

Les apocalypses dont on réchappe toujours (le petit groupe qu’on retrouve au chapitre 15 et qui a survécu en autonomie)

Non, mon roman ne traite pas de ce sujet-là, et vu que j'ai lu un peu partout que bien des fans de LOST ont pleuré au générique de l'ultime épisode, je ne suis pas certaine que ce « cliché » soit une vraie erreur.

Les scènes de vie au travail (chiant, agressif),

D'accord, j'abrégerais. Sauf pour l'hôtellerie : là je vais balancer À MORT !

Les ruptures

Gnagna, des personnages qui ne se séparent pas : ça intéresse qui ?

Les trajets en automobile/avion/train (en vogue depuis 100 ans)

Ho, et pourtant, on peut en dire des choses en voiture... en même temps dans ce cas, il faut se déplacer comment ? Par téléportation ? Genre « la Mouche » ?

La misanthropie qui rend noble (et pas con comme en vrai)

Mdr, ne pas rendre un minimum mon personnage misanthrope (ou disons humanophobe comme j'aime à le dire de façon plus modérée) c'est renié tout mon être. Et puis je veux pas.

L’utilisation des parapluies partagés (pourquoi est-ce que dans les romans, il n’y a jamais qu’un parapluie pour deux ?)

En voilà une idée :-D Non, non chez moi quand la pluie s'abat sur mes personnages, ils sont dégoulinant, mort de rire, filent chez eux se réchauffer et galipettes sous la couette (oui, parce qu'ils venaient juste de se séparer avant que la pluie « qui lave les colères du passé » ne leur tombe dessus)

Les trios amoureux

Un meilleur ami qui tombe furtivement amoureux alors qu'elle est déjà en couple, ça compte aussi ? Furtivement, hein ! Je le jure, pas plus d'un chapitre !

Les animaux de compagnie intelligents

Je n'y ai pas pensé ça :-D et Dieu sait que je suis gaga de mes lapin(e)s et cochons d'Inde pourtant !

Les magasins d’antiquité où l’on trouve des objets « so exciting » et ultrasignifiants

ça non plus je n'y ai pas pensé, reste que les boutiques décrites par Sophie Kinsella dans l'Accro au Shopping restent des valeurs sûres, faut pas charrier....





Finalement, ils le disent si bien eux-même : « Dire non au cliché, c’est dire non à l’écriture. Dire non au cliché, c’est se couper d’une intelligibilité immédiate dont l’écrivain ne peut pas se payer (sauf à être génial sur chaque mot, ce qui est impossible) le luxe à plein temps. »

Les clichés, donc, je ne pense pas qu'on puisse les éviter. Mais ils sont à consommer avec modération, c'est toujours bon à savoir merci au site www.fluctuat.net d'avoir partagé l'information.

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