mardi 9 juin 2009

Un secret - livre de P.Grimbert - film de C.Miller


Résumé :

L'auteur nous raconte l'histoire de ce petit garçon, né après guerre, qui s'imagine un frère ainé. Dans le silence de ses deux parents se cache un terrible secret... Son propre secret qui, après avoir meurtri l'enfant fragile qu'il était, a façonné l'homme qu'il est aujourd'hui.

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(l'exemplaire que je tiens dans les mains est celui de France Loisirs, édité avant la sortie du film)


SOURCE : http://data-allocine.blogomaniac.fr/

Biographie :

Philippe Grimbert est psychanalyste. Il a précédement publié trois essais : Psychanalyse de la chanson, Pas de fumée sans Freud et Chantons sous la psy, et son premier roman La petite robe de Paul (2001)

Pourquoi j'ai voulu lire ce livre ?

Je pense que cette attirance avec la période des deux guerres mondiales remonte à mes cours de troisième. Pourquoi ?

Un prof d'histoire passionnant et passionné qui m'a transmis le virus ?

Parce que mon père est précisement né en 1942, en pleine guerre ?

Parce qu'un secret, tel celui relaté dans le livre/film trouble l'histoire de ma famille ?

Non.

Je pense que c'est beaucoup plus simple...

Ça remonte à mes racines.

À ma patrie.

J'habite en Alsace, ces fameux territoires perdus. Ici, ce sont les histoires d'une population livrée aux allemands. Quand je foule du pied le site du Hartmanswillerkopf ce sont les cendres des Poilus et plus tard des soldats de 39-45 que je piétine. Quand mon regard s'arrête sur les monuments aux morts dressés ici et là dans les communes, ce sont autant de familles, de couples brisés, de destins tragiques ; qui me sautent à la figure !

Je vis dedans.

Et je l'accepte.

Pire, j'en redemande.

Recueillir les coupures de presses, les livres, les films ou les documentaires de cette période difficile sera sans doute l'un des buts de ma vie. Ne pas oublier. Ne pas recommencer. Mon devoir de mémoire comme ils disent.

Au delà de ça, je trouve intéressant, fascinant, de raconter les traces indélébiles d'un secret de famille. Cette fameuse armoire close, cette pièce secrète. On en a tous une, non ? Ce livre nous le renvoie en pleine figure, nous ramène à notre propre histoire, nos propres doutes... Je lui reprocherais peut-être une certaine "fadeur" pas assez dynamique, manque de dialogues pour rythmer l'histoire, mais enfin, il s'agit avant tout d'une autobiographie romancée, cest donc normal ! Le dénouement est bouleversant, on en veut à mort à cette femme, et puis, malgré nous, on tente de la comprendre, de reconnaître que par amour, on est prêt à tout. Que dans ces temps difficiles, les personnes n'étaient sans doute plus vraiment elles mêmes... Et qu'un tel geste puisse être possible.

À peine ai-je lu ce livre que le film sortira au cinéma. Bien-sûr, j'ai envie de le voir, mais dans la vie, on ne fait pas toujours ce qu'on veut ! Je dois donc patienter jusqu'à ce jour où il me saute aux yeux, dans le rayon de ma médiathèque favorite.

J'ai lu et conservé le magazine "Version Femina" consacré à ce film. Je vous en retranscrirait volontiers quelques morceaux choisis, mais il suffit d'avoir besoin de quelque chose pour ne plus se souvenir où on a bien pu le laisser, non ?

Un secret - film réalisé par Claude Miller, sorti en salle le 03 octobre 2007, sorti en DVD le 03 avril 2008 :

Parlons du casting... Source des photos : Allocine.fr

Cécile De France :

Magnifique dans le rôle de Tania. Dans le livre, elle a les cheveux longs, elle est brune il me semble. Dans le film, elle a les cheveux courts et blonds. Elle reste sublime. La scène mythique du plongeon est retranscrise avec une justesse admirable. Le maillot noir, le bonnet de bain blanc, chaque détail compte. Les échanges de regard, les doutes qui submergent Hannah à ce moment-là, on comprend tout. Dans le livre, tout y est amplifié, plus précis. Comme quoi, on ne rentre vraiment dans l'histoire que lorsqu'on a et vu le film, et lu le livre. Pour moi, les deux sont complémentaires.

Tania est une femme écorchée, déchirée de culpabilité. Elle résiste fièrement aux regards insistants de Maxime, mais la vie et la séparation avec son propre mari la ratrapera... malgré elle.

Ludivine Sagnier :

J'ai cru que le personnage de Hannah était vraiment en totale opposition avec celui de Tania à cause du paragraphe suivant : "Pauvre Hannah. C'est la phrase qui m'est venue à l'esprit lorsque plus tard j'ai découvert ses photos, ému par sa rondeur, par la fraîcheur de ses yeux clairs posés sur Maxime (...)" Ce "Pauvre Hannah" je l'ai interprété méprisant et j'imaginais ainsi un personnage banal, presque laid.

Ce que Ludivine Sagnier n'est absolument pas. Elle est fraîche, sincère. Elle joue le rôle de la maman fière et protectrice à merveille. Souriante, presque naïve au départ, son masque tombe au moment où elle comprend ce qui se passe entre son mari et Tania. Il n'y a plus l'ombre d'un sourire dans ce visage-là. Il n'y a que l'incompréhension, la froideur, peut-être de la haine aussi. Dans le livre, l'auteur parle de mutisme. Pourtant je trouve ce "mutisme" encore plus profond à travers le jeu d'actrice de Ludivine ! J'y décèle une sorte de rage contenue, je me trompe peut-être...

Cette scène, c'est le fameux moment que j'appelerais sa vengeance. D'autres (et les propres parents de Philipe Grimbert en premier ! ) l'interprètent comme une étourderie ou comme un désir de disparaître et de laisser la place au nouveau couple. À chacun de voir.

Je comprends alors en regardant le film, en écoutant le documentaire raconté par l'écrivain que ce "Pauvre Hannah" n'est pas du tout méprisant. Il est compatissant.

Patrick Bruel :

Cet homme que se partagent les deux femmes. Macho, sûr de lui, il admirera autant son premier fils qu'il blessera le second. Malheureusement, avec Patrick Bruel, ça ne passe pas. Il reste pour moi le chanteur à succès ou le prof rebelle et reloud du film... P.R.O.F.S (ils y sont les points où je l'ai inventé ???)

Je ne peux pourtant renier ni ses talents d'acteurs, ni sa jutesse dans le rôle ! C'est pas lui, c'est moi. Dans mon enfance, j'ai été habituée à ranger les gens, les choses, les leçons dans des "tiroirs". Patrick Bruel fait partie de mon enfance. Il reste donc dans ce "tiroir" (tout ceci est très étrange : mais ce n'est pas le but de l'article ! )

Dans le film, on verra le personage de Maxime (ainsi que ceux de Tania et Louise) plus âgé. Jai trouvé amusant d'avoir un aperçu de ce que sera mon "chanteur à minettes" quand il sera... vieux ! Si vous achetez/empruntez le DVD ne manquez pas la scène de Julie Depardieu et Cécile De France grimées en "mamies" qui dansent le disco !

Présenté comme un "juif antisémite" il nous brosse le portrait d'un homme insoumis qui ne veut pas croire aux horreurs que sa communauté va cruellement subir. Il saura protéger sa famille de cette infamie, mais il ne saura pas rassurer sa femme sur l'amour qu'il lui porte.

On aurait envie de lui en vouloir. De se dire qu'il a mérité ce châtiment. Mais non. Aucun être humain n'a mérité cette persécussion.

Julie Depardieu :

La sagesse, le médiateur du triangle dangereux. Plus "diminuée" dans le livre que dans le film. On ne ressens pas assez sa fragilité, je la trouve plus forte. C'est une dimension très intéresante apportée par l'actrice par rapport au personnage du livre.

J'en ai déjà dit beaucoup sur le film à travers la présentation des personnages. Vous apprécierez je pense, tout comme moi, la scène du mariage de Hannah et Maxime, très festive, très joyeuse. Sachez enfin pour finir que l'écrivain Philippe Grimbert joue un petit rôle dans le film. Un rôle qui lui va à merveille. Les bonus vous expliqueront tout sur ce choix judicieux.

Ce film est évidemment à déconseiller aux enfants, ainsi qu'aux âmes trop sensibles (je ne parle pas de scènes qui peuvent "heurter" dans le sens "horrible" je parle de l'histoire en elle-même, qui est bouleversante et vraiment tragique. )

(hooooo, le beau-faux ciel bleu :-p )

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